La parole de quatre policiers contre celle d’un voleur clandestin selon le tribunal correctionnel parisien (éprisdejustice)

La justice est aveugle. Alors, quand le prévenu, sourd et muet, s’exprime avec des gestes, le dialogue n’est pas forcément simple. […]

Samir est né à Bab El Oued, un quartier d’Alger, en 1976. Depuis quatre ans, il vit à Paris avec sa compagne, mère de trois enfants, dans un petit appartement du nord de la capitale. Depuis quatre ans, il ne fait pas parler de lui.

Le 26 octobre, Samir est à Barbès, dans le métro. C’est là que les policiers l’interpellent. On lui reproche d’avoir ouvert la poche avant du sac à dos d’une jeune fille, probablement dans le but d’y dérober quelque chose.

Sa tentative de vol – supposée – avortera, pour des raisons non connues du tribunal. Ce que l’on sait, c’est que la jeune fille avait la poche de son sac ouverte, que rien n’avait disparu et que, quelques minutes plus tard, quatre policiers sautaient sur Samir et lui passaient les menottes, lui ôtant toute possibilité de communiquer.

[…]

Les faits sont extrêmement simples : dans ce dossier, c’est la parole des policiers contre les dénégations du prévenu. Pas de preuve, pas de témoin. Une sacoche ouverte, un Algérien au regard louche, rien de plus. Par l’intermédiaire de l’interprète, Samir se défend : « Pourquoi est-ce que j’aurais volé, j’ai du travail, je ne vois pas pourquoi j’aurais fait ça. »

[…]

Pas de casier judiciaire non plus. Depuis les faits, il a été repris alors qu’il volait un téléphone portable, ce qu’il reconnaît. Il sera jugé pour ce vol dans quelques semaines.

[…]

La procureure, pour cette première infraction, demande trois mois de sursis. L’avocat plaide la relaxe, car du sursis pourrait valoir une incarcération immédiate dans quelques jours, quand son client sera jugé à nouveau.

Pendant la suspension d’audience, l’avocat ne cache pas son peu d’espoir : « Il sera condamné, c’est sûr. » Effectivement, on se demande bien ce que peut valoir, aux yeux du tribunal, la parole d’un sans-papiers, sourd et muet, face à celle de quatre policiers assermentés.

Eh bien, on se trompe. Malgré son handicap, Samir est entendu et relaxé. L’avocat écarquille ses yeux et tente de dissimuler un immense sourire. Samir s’agite, l’interprète traduit, mais tout le monde a compris. Il dit simplement : « Merci ! »

11 juilllet 2017

Et oui, on se trompe aisément.

Ainsi, à Paris, on donne plus de crédit à la parole d’un clandestin (on ne peut décemment pas considérer un algérien comme réfugié, si ?) voleur (de son propre aveu pour le fait suivant ; ce n’est pas comme si sa morale le plaçait au dessus, pas non plus comme si son travail rendait cette hypothèse absurde) qu’à celle de quatre policiers.

Et on se félicite de ne pas songer à appliquer le droit du séjour sur le territoire de la République comme si c’était facultatif (ça s’appelle déféquer sur l’expression de la souveraineté populaire exercée par ses représentants) tout en imaginant acceptable de plaider pour une relaxe dans le but que la juridiction suivante (on est bien, là, en terme de réflexion sur le reclassement social ; on pourra se masturber longuement sur les vertus de la personnalisation des peines) ignore un fait qu’on ne discute même pas vraiment.

Les traductions d’anglais de Danièle Obono (Médiapart)

A ces dernier•e•s, comme l’avait déjà si bien dit le boxeur poète, mi abeille mi papillon, aux rageux de son temps, je n’ai qu’un seul message à adresser : « Black, confident, cocky; my name, not yours; my religion, not yours ; my goals, my own; get used to me. » Ou dit autrement : j’y suis, j’y reste, je ne partirai pas ! J’y suis, j’y reste et je ne marcherai pas au pas. J’y suis, j’y reste et je ne me soumettrai pas. « Get. Used. To. Me. »

24 juin 2017

On sait que traduire c’est trahir, il y a quand même des limites. Car autrement dit, le propos serait vraiment « Noir, confiant, culotté ; mon nom, pas le vôtre ; ma religion, pas la vôtre ; mes objectifs, moi-même ; habituez-vous à me voir ».

Ca vous laisse un drôle de goût dans la bouche ? Ce n’est pas si étrange. Mettez le même propos dans la bouche d’un blanc, un blanc qui s’empresserait de se définir comme « Blanc… ma religion pas la vôtre… », ça vous inspirerait quoi de beau ? Certainement pas une idéologie située à gauche du prisme politique.

(ah oui, mais ma petite dame, elle est ra-ci-sée dit-on aujourd’hui ; mais le moindre raciste moyen s’est toujours considéré ra-ci-sé, selon le nazi standard, les juifs étaient vachement oppressant)

Une affaire de pure déliquance dans un quartier tranquille en Seine-Saint-Denis, Flashback (Libération)

Mort pour une histoire de vol de scooter. Hier, vers 7 h 40, à 200 mètres du collège Fabien de Saint-Denis, Moussa Doucouré, 19 ans, a été poignardé par un homme au visage dissimulé sous une capuche qui a pris la fuite. Le crime a été commis à une heure de grande affluence, au moment où les élèves partaient assister aux cours du matin. Les secours ont tenté en vain de réanimer la victime pendant une heure. Cette dernière, décrite par un de ses camarades comme «frêle et paraissant au moins cinq ans de moins que son âge», était déjà connue des services de police pour des délits mineurs et ne fréquentait plus d’établissement scolaire depuis un an.

Petit frère. Selon les premiers éléments de l’enquête, Moussa aurait été impliqué mardi dans le vol d’un scooter. Le meurtre d’hier matin serait donc un règlement de comptes. Un mineur de 17 ans, dénoncé aux enquêteurs par le petit frère de la victime et placé en garde à vue hier après-midi, a reconnu hier soir être l’agresseur. Il a expliqué aux policiers avoir voulu récupérer son scooter, que la victime lui avait volé la veille.

Pensant à l’origine qu’il s’agissait d’un fait relevant de la violence scolaire, le ministre de l’Education nationale François Fillon avait aussitôt exprimé son «sentiment de révolte. C’est le signe de cette violence qui caractérise de plus en plus certains de nos quartiers». Il prévoyait même un temps de se rendre sur les lieux. Mais l’inspecteur d’académie de la Seine-Saint-Denis, Jean-Charles Ringard, a dû rectifier : «Cette sombre histoire n’a rien à voir avec les problèmes de violence scolaire : il s’agit d’un homicide lié à une pure affaire de délinquance

Au collège Fabien, le meurtre n’en a pas moins créé une vive émotion. Le principal a indiqué qu’une cellule psychologique destinée à soutenir moralement les élèves avait été mise en place au sein de l’établissement, où sont scolarisés le frère et la soeur de Moussa. Dans la cité Gaston-Dourdin, où vivait la victime, les habitants décrivent leur quartier comme l’un des plus tranquilles de Saint-Denis.

27 mai 2004

Parfois, rien ne vaut un petit retour en arrière, pour prendre la température. Ainsi, en 2004, on pensait donc qu’un gamin de 19 ans qui se fait tuer pour un scooter de 50cm3 (puisque son propriétaire est mineur) par un gamin de 17 ans, c’est une « pure affaire de délinquance », dixit l’Inspecteur d’Académie Jean-Charles Ringard. Qui dénonce l’auteur ? Le petit frère de la victime. Pure affaire de délinquance donc.

Et François Fillon qui y voyait au départ « une violence caractéristique de certains quartiers » s’est donc ravisé : les « habitants décrivent leur quartier comme l’un des plus tranquilles de Saint-Denis ». Tout va bien, alors.

Et ces jours-ci dans les quartiers tranquilles de la même riante bourgade, ça donne quoi ? Parlons scooter, par exemple :

Un incroyable enchaînement de circonstances a conduit à l’hospitalisation d’un homme, dans un état critique, lundi soir. Il a été renversé par un scooter volé quelques plus tôt dans la soirée à Saint-Denis.

Le drame s’est déroulé vers 20 h 25, rue Jacques-Vaché. Le conducteur d’un scooter perd l’équilibre après avoir glissé sur une chaussée détrempée. La rue est complètement inondée suite à l’ouverture sauvage d’une bouche à incendie.

Plutôt que de porter secours à l’accidenté, plusieurs individus le passent à tabac. Ils lui dérobent son deux-roues avant de prendre la fuite. A priori, légèrement blessé, cet homme de 30 ans refuse l’intervention des sapeurs-pompiers. Il va tomber ensuite dans le coma.

Plus de deux heures plus tard, à 22 h 50, la police intervient rue David-Siqueiros, sur un accident. Elle interpelle l’auteur, un jeune homme à scooter qui vient de percuter un piéton. Il s’avère que le véhicule impliqué dans l’accident est précisément le deux-roues qui avait été volé un peu plus tôt dans la rue Jacques-Vaché.

Le piéton renversé a dû être transporté à l’hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine) avec un pronostic vital engagé. Le conducteur du scooter, blessé lui aussi, a été également hospitalisé. Originaire de Saint-Denis, il est âgé de 16 ans et est connu pour trafic de stupéfiants.

30 mai 2017

Epiphénomène ? Pas représentatif ? En tout cas, ça donne des idées.

C’est en passe de devenir une nouvelle technique de vol à la portière. Mardi, trois jeunes ont sciemment ouvert une bouche d’incendie dans le but de piéger et dépouiller des automobilistes. Deux ressortissants russes à bord d’une Mercedes classe E en ont fait les frais, avenue Romain-Roland à Saint-Denis.

[…]

Les voleurs se sont emparés du sac de la conductrice. Mais celle-ci s’est alors lancée à la poursuite de ses assaillants. Arrivés au cœur de la cité Floréal-Courtille, la Mercedes et ses occupants se sont retrouvés encerclés par des dizaines de jeunes. L’homme aurait été bousculé.

La femme a déclaré avoir été «agressée sexuellement». Ses assaillants auraient tenté de lui arracher ses vêtements et de lui caresser les seins. La police est intervenue rapidement sur les lieux. Elle a exfiltré les Russes du quartier et a interpellé quatre individus : les trois auteurs présumés du vol à la portière et un autre homme qui avait lancé une bouteille en guise de projectile.

[…]

Ce n’est pas la première fois que l’un de ses concitoyens est victime d’une telle agression. Début décembre, un diplomate en avait fait la douloureuse expérience.

[…]

Un policier souligne toutefois que ces vols qui ressemblent un peu à des attaques de diligences sont en baisse, tout en restant à des niveaux assez élevés. On déplore 1 500 à 2 000 faits tous les ans concentrés essentiellement à Saint-Denis et Aubervilliers. C’est d’ailleurs à Aubervilliers, qu’une journaliste allemande avait été, lundi à 22 heures avenue du Président-Wilson, la cible de ces jeunes voleurs à scooter. Ses agresseurs avaient aussi été interpellés en flagrant délit.

21 juin 2017

Un quartier tranquille d’où on exfiltre. On parle de milliers de faits – mais on en parle quand ça touche un diplomate, un journaliste, etc. Le reste du temps, la presse à trop à faire de s’offusquer du nombre de fauteuils attribués pour les communications officielles à l’Elysée.

Rendez-vous en 2027 !

 

L’opportunité des poursuites d’Eric Hazan, Frédéric Lordon et semblables (Libération)

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Le 27 avril, un motard de la police a braqué son pistolet sur des manifestants qui défilaient au mot d’ordre «ni Le Pen ni Macron» à Rennes. L’image est rapidement devenue virale. Depuis, une enquête a été ouverte contre des manifestants pour… violence avec arme. Photo Martin Bertrand. Hans Lucas

A quelques jours d’intervalle, il s’est passé à Rennes deux événements d’une extrême gravité, qui ne devraient pas laisser indifférents tous ceux que préoccupe l’état des libertés publiques sur le territoire français. Le 30 mai, à 6 heures du matin, des dizaines de policiers cagoulés munis de fusils d’assaut défoncent des portes de logements à coups de bélier et procèdent à six perquisitions simultanées aux quatre coins de la ville. Sept personnes sont interpellées, dont deux mineurs. Cette opération fait suite à un curieux épisode où c’est pourtant le comportement policier qui mériterait une enquête. Le 27 avril, au cours d’une manifestation de 2 000 personnes répondant au mot d’ordre «ni Le Pen ni Macron», un motard de la police nationale était descendu de sa moto pour braquer son pistolet sur les manifestants. Captée par les journalistes, l’image était devenue virale sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, ce comportement dangereux et injustifiable d’un policier qui n’était nullement menacé, comme le montrent les vidéos, est devenu prétexte à une enquête contre de présumés manifestants pour… violence avec arme (un pommeau de douche dont on se serait servi pour intimider le motard), ce qui a justifié les perquisitions du 30 mai.

[…]

Raison de plus de ne pas laisser passer les abus des magistrats et policiers rennais. Nous exigeons la libération des interpellés du 30 mai et l’abandon des poursuites contre les témoins du 7 juin.

PREMIERS SIGNATAIRES

Serge Quadruppani écrivain ; Eric Hazan éditeur et écrivain ; Frédéric Lordon économiste directeur de recherche au CNRS ; Hugues Jallon éditeur et écrivain ; Leslie Kaplan écrivaine ; La Parisienne libérée chanteuse ; Alain Damasio écrivain ; Pierre Alféri écrivain ; Nicolas Klotz cinéaste ; Elisabeth Perceval scénariste ; Ludivine Bantigny historienne ; Nathalie Quintane écrivaine ; Jérôme Baschet historien ; Raoul Vaneigem essayiste ; Barbara Glowczewski anthropologue.

18 juin 2017

Retenez bien ces noms : directeur de recherche au CNRS, historiens, écrivains et scénaristes. Vous voyez là comment ces personnes, payées pour chercher le vrai ou inventer un imaginaire, aimeraient que le Droit soit appliqué en France.

Ils sont affirmatifs, sans appel, tout comme le journal Libération acceptant de publier leur tribune : ‘est le comportement du policier qui mérite enquête, policier qui, en pleine manif, sans raison, nullement menacé,  serait allé menacer « les manifestants » de son arme.

Que penser ? Que c’est un scandale, évidemment.

Mais le scandale prend tout son sens en consultant d’autres photos et vidéos, disponibles sur le net, de cette même séquence.

On y voit un policier sur sa moto, visiblement qui à l’air de s’affairer son tableau de bord. On voit qu’arrivent sur lui des gugusses visage masqués dont au moins hein porte le bras levé un gros objet (pierre ?).

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Ca ne s’arrête pas là :

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Ce n’est toujours pas fini, au point qu’on se demande pourquoi les auteurs de la tribune, et ceux la publiant, qui disent avoir vu des vidéos de la scène, omettent de présenter cette étape. On se le demande pas tout à fait, puisque cela contredit complètement leur récit : non pas de simple « manifestants » mais des cagoulés, parés pour un affrontement ; non pas de gens qui « manifestent » mais qui fondent sur un policier seul avec sa moto, à l’écart.

On voit très bien dans le dos du motard celui qui, dans la photo choisie par Libération, pose avec une gestuelle étrange, une attitude de donneur d’ordre.

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Enfin, le motard, plus qu’exposé à cette troupe cagoulée se pressant de venir à son contact, décide de mettre pied à terre et de saisir son arme :

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Cela provoque le recul des assaillants, afin qu’ils gagnent la position, celle de la photo choisi par Libération, photo qui ne fait figurer qu’un seul type.

C’est une belle leçon de rigueur : mensonge sur les circonstances, choix photographique arbitraire pour couvrir le mensonge. Et c’est produit par des gens chargés de science (CNRS, historiens -même s’ils proviennent de l’EHESS- etc) et diffusé par un organe de presse écrite conventionnel.  En terme d’épistémologie et de déontolongie, c’est effarant. Et, sur cette base, ça, cette équipe surprise en pleine médiocrité, se croit en droit de dire qui doit être poursuivi et qui ne doit pas l’être, se torchant littéralement avec la notion d’independance de la Justice.

La rigueur répressive du tribunal correctionnel de Quimper (éprisdejustice)

« Beaucoup d’étrangers dans ce gouvernement », pouvait-on lire après la nomination de Myriam El Khomri au ministère du Travail. « Une immigration incontrôlée en provenance de pays sous-développés. » Là, on est sur le plus léger. Mais quand notre internaute monte dans les tours, il franchit sans vergogne la ligne jaune : « Une immigration de conquête. » Deux jours après, à propos d’un mouvement de solidarité envers des migrants en grève de la faim : « 2 000 balles… de plomb oui. » « Il y a une justice sur terre », écrit-il à propos de 87 morts à La Mecque après la chute d’une grue dans une mosquée.

[…]

Très vite, c’est le procès du racisme ordinaire. Celui, rampant, qui se cache derrière une lâcheté détestable : « Je ne sais pas si j’incite à la haine. Il y a des publications qui étaient faites sur le thème de l’humour. Noir, ou… je ne sais pas. Mais la plupart, ce sont des copiés-collés, hein ? Ce n’est pas moi qui les ai écrites. – Le problème, monsieur, c’est que vous nous expliquez aujourd’hui des choses que vous n’avez pas écrites sur votre blog. »

[…]

Lui revient sur son service militaire chez les pompiers de Paris. « On sillonnait le 13e arrondissement et on était en contact permanent avec les Asiatiques arrivés par boat people (sic). Ils étaient charmants, on n’a jamais eu un problème avec eux. C’était toujours la même population qui posait problème. » Magistrats, avocats et tout ce que le tribunal compte de gens en robe noire se regarde en coin à l’écoute de cette haine raciale primaire. Qui n’a pas été du goût du socialiste Sébastien Miossec, maire de Riec-sur- Bélon, près de Quimperlé, et président de Quimperlé communauté.

[…]

« Je ne suis pas une brute épaisse. Je suis quelqu’un qui a un sentiment patriotique. Je suis inquiet pour l’avenir de mes petites-filles. » C’en est trop pour la procureure Hélène Geiger : « Il y a des raccourcis dans son esprit. La liberté d’expression est soumise à certaines restrictions et il a fait largement sauter les digues. Il explique avoir voulu informer, expliquer. Il a surtout suscité chez le lecteur un sentiment de haine. Ce n’est pas une opinion politique, quand bien même elle serait nauséabonde. » Le prix de la mauvaise odeur : trois mois avec sursis et 5 000 euros d’amende.

14 juin 2017

Evidemment, on sent bien que le pauvre homme se bat avec ce qu’il observe et entend et ses moyens de compréhension. Il n’est pas même capable d’appréhender le discours que souhaiterait entendre la cour, le discours que peut entendre le notable.

Si, évidemment, on décèle le racisme médiocre et puéril dans ses propos, il est tout de même assez déplorable de s’y arrêter. Evidemment, un message se félicitant de la mort d’autrui du fait de sa religion, interrogeant le choix d’un ministre sur ses origines ethniques au lieu se s’interesser à ses compétences ou leur absence, ça ne vole pas haut. Mais est-ce du racisme que d’observer que les populations d’origine immigré asiatique sont statistiquement absentes des faits de délinquance de rue, des vols violents de sac à main en particulier ? Il serait donc interdit de faire ce constat et donc d’en appréhender le sens ? De même, la ligne jaune serait-elle  franchie par la pensée qu’existe une immigration de remplacement ? Peut-on faire l’économie d’une démonstration en droit si on veut faire porter à la Loi pénale le devoir de réprimer une telle pensée ?

La Justice en France est publique : pour parfaire le principe, mériteraient d’être publiées systématiquement les peines prononcées pour chaque faits avérés. Il serait très intéressant de pouvoir évaluer quelle proportion d’auteurs de vols violents jugés à Bobigny écopent d’une peine de trois mois avec sursis et 5000 euros d’amende.

C’est facile de punir le simplet de 58 ans pour ses dénonciations approximatives, simplistes et donc déviantes, dénonciations confinées au mur d’un compte Facebook, autant dire d’un impact médiatique nul, causant un trouble social réel tout aussi nul. Cela confine au ridicule si l’on montre moins rigueur à condamner les violences physiques crapuleuses quotidiennes, celle dont l’impact se mesure en incapacité totale de travail dans les hôpitaux.

La conspiration des hackeurs russes dénoncée par Thierry Noisette (rue89)

Les informaticiens d’En Marche ! avaient anticipé une attaque en parsemant de leurres leur système. Ils ont ainsi créé des dizaines de faux comptes e-mail et des faux documents pour égarer les pirates.

C’est ce que révèle le « New York Times », qui est revenu sur le piratage massif de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, diffusé à quelques heures de la période de réserve, le 5 mai.

« Les Russes, quant à eux, ont agi précipitamment et ils ont bâclé, laissant une série de preuves qui ne suffit pas à prouver avec certitude qu’ils travaillaient pour le gouvernement de Vladimir Poutine, mais qui suggère fortement qu’ils faisaient partie de sa campagne de ‘guerre de l’information' », selon le journal.

[…]

Déjà visée par des tentatives il y a plusieurs mois, ce qui l’avait amenée à accuser les services russes, l’équipe d’En Marche ! a reçu des mails de phishing (hameçonnage en ligne) « de haute qualité », selon Mounir Mahjoubi : « Ils incluaient les vrais noms de membres de l’équipe de campagne, et à première vue semblaient venir d’eux », rapporte le journal new-yorkais.

[…]

On y trouve à ce jour des documents banals (devis de salles, enquêtes d’opinion, courses Uber etc.), expose-t-il ; « a contrario, les courriels et documents censés être accablants et qui ont été plus ou moins largement partagés sur Twitter ont donc été, soit forgés de toutes pièces, soit manipulés et biaisés pour coller à l’agenda conspirationniste des trumpistes pro-FN » : commande de drogue pour laisser entendre que le candidat consomme de la cocaïne, liens avec les émeutes antifascistes, etc. Les faussaires n’ont pas lésiné sur la dose, mais sans grand succès cette fois-ci

11 mai 2017

Ce qui est quand même pas mal, c’est qu’il faut entendre que les hackers russes peuvent s’attaquer avec succès à n’importe qui, quand ils veulent. Ils sont assez malins et doués pour que rien ne puisse leur résister. Mais ils sont, par contre, trop nul pour ne pas laisser de traces évidentes, comme l’ajout de balises en cyrillique dans des fichiers excels sans intérêt par ailleurs.

On est loin, tout de même, des attaques cordonnées, numériques et physiques, des centrales électriques en Ukraine.

Et on nous parle ensuite d’un « agenda conspirationniste ». Si on passe sur l’angliscisme foireux (agenda ?), on note avec amusement qu’on nous demande d’adhérer sans réserve à la thèse d’une conspiration conspirationniste.

Les interrogations sur l’attitude de la police d’Alban Elkaïm (Bondy Blog)

Curtis R., 17 ans, est mort des suites d’un accident, percuté par un bus, vendredi, alors qu’il fuyait un contrôle de la BAC à bord d’un quad. Son décès soulève une vive émotion dans son quartier d’origine à Massy. Les circonstances de sa mort restent floues. La version du parquet de Nanterre, qui a ouvert une enquête, s’oppose à celle que nous rapporte un témoin. Enquête. […]

[…] un rassemblement a été organisé en hommage au jeune Curtis R, 17 ans, mort vendredi soir, percuté par un bus alors qu’il tentait de fuir un contrôle de la BAC […]

[…] Vendredi 5 mai, autour de 17 h 45, Curtis R. roulait alors sur un quad sans casque, à Antony, une ville limitrophe de sa ville, Massy. Il fuit la police, allée des Potiers, quand il percute un bus qu’il n’arrive pas à éviter, au croisement avec la rue des Baconnets. […]

[…]

Plusieurs versions circulent sur ce qui s’est produit rue des Baconnets. Celle de la police, relayée, entre autre, par le quotidien Le Parisien, impute l’accident à la conduite dangereuse du jeune homme et au fait que son véhicule avait eu les “pneus lisses”. La responsabilité des agents de la brigade anti-criminalité (BAC) est totalement écartée dans le communiqué de presse publié le lendemain par le procureur de Nanterre.

[…] Pour elle, la police n’a pas causé directement la mort de l’adolescent mais “ce qu’on peut leur reprocher, c’est de ne pas avoir été prudents dans leur course-poursuite. Comme d’habitude, ils jouaient au chat et à la souris alors que la personne ne portait pas d’armes et n’avait pas de casque pour se protéger. […]

[…] Les questions restent nombreuses tant le témoignage de Jen D et celui du parquet de Nanterre divergent : la police poursuivait-elle Curtis comme l’affirme Jen D. ? Pourquoi le véhicule de police roulait-il vite, selon son témoignage, alors que l’adolescent ne portait pas de casque ? Cette vitesse du véhicule de police n’a-t-elle pas incité Curtis à accélérer lui aussi sa propre vitesse ? […]

11 mai 2017

Alban Elkaïm introduit les faits en écrivant que Curtis R. a été percuté par un bus. Il insiste. Ce n’est que dans le récit détaillé qu’on apprend en fait que c’est Curtis R. qui a percuté le bus : présenté d’abord comme victime d’un accident, on apprend qu’il en fait auteur.

Alban Elkaïm ne porterait-il aucune attention à la notion de responsabilité individuelle ?

Passons sur l’avis exprimé par le témoin : le fait qu’une personne soit armée ou pas n’est pas un critère nécessaire au contrôle de police.

En quoi la vitesse d’un véhicule de police, c’est à dire occupé par des personnes dont la loi impose de faire cesser la commission d’infraction -et non pas de décider de se placer en retrait et d’attendre qu’un passant soit tué devant sa fille par un véhicule pourtant interdit de circulation sur la voie publique (ex : Sevran août 2014) abolirait le principe fondamental de responsabilité individuelle dans un Etat de droit  -nul n’est responsable que de son propre fait? Les policiers, selon les éléments non contestés par Alban Elkaïm, avaient l’obligation légale de faire cesser les agissements dangereux de Curtis R.. Faudrait-il donc considérer Curtis R. irresponsable de ses propres actes ? Au nom de quel critère légal d’irresponsabilité faudrait-il considérer cette incitation qu’on évoque ?

Est tout de même curieuse cette facilité que peut avoir Alban Elkaïm à considerer Curtis R. comme irresponsable de ses actes – percutant dit percuté -,  d’autant plus curieuse lorsqu’elle va de pair avec une facilité à considérer autrui, les policiers, comme responsables de ses actes. Heureusement pour ces derniers que la France est un Etat de droit !